Martin luther king, biographie

Martin luther king, biographie
Il a été diplômé du Morehouse College avec un Bachelor of Arts en sociologie en 1948 et du Crozer Theological Seminary avec un Bachelor of Divinity (qui correspond à une licence en théologie) en 1951. Il a reçu un Doctor of Philosophy de l'Université de Boston en 1955.

En 1953 il s'est marié avec Coretta Scott King.

En 1954, Martin Luther King est devenu le pasteur de l'église baptiste de l'avenue Dexter à Montgomery, dans l'Alabama. Il était le leader du boycott des bus de Montgomery en 1955, qui a commencé quand Madame Rosa Parks a refusé de céder sa place à une personne de couleur blanche. King a été arrêté durant cette campagne, qui s'est terminée par une décision de la Cour Suprême des États-Unis déclarant illégale la ségrégation dans les autobus.


Martin Luther King en 1964, à la Bibliothèque du CongrèsEn 1964, Martin Luther King s'est vu décerner le Prix Nobel de la paix. Inspiré par l'½uvre de Gandhi et membre de la branche américaine du Mouvement International de la Réconciliation, il est considéré comme un des leaders les plus importants de la non-violence au XXe siècle.

Peu avant sa mort, il avait renforcé son combat pour défendre les Noirs par un combat pour défendre les pauvres.

Il sera assassiné le 4 avril 1968 à l'âge de 39 ans sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, en préparant une marche locale destinée à appuyer le syndicat d'ouvriers noirs de l'hygiène de la ville qui était alors en grève. L'assassinat a mené une vague d'émeutes nationales dans plus de 60 villes. Quatre jours plus tard, le Président Lyndon Johnson déclara un jour de deuil national pour le chef de Droits civiques. Le même jour, une foule de 300 000 personnes assistèrent à son enterrement. Après sa mort, ce sera son bras-droit, Ralph Abernathy, qui prendra la tête du Southern Christian Leadership Conference (SCLC) que dirigeait jusqu'alors Martin Luther King.

Son assassin James Earl Ray était un franc-tireur et un militant ségrégationniste présumé. Il fut par la suite condamné à 99 années de prison. Mais un procès qui eut lieu en 1999 a remis la première version des faits en cause, en raison de nouveaux témoignages
# Posté le mardi 07 février 2006 14:14
Modifié le jeudi 05 juillet 2007 07:02

j'ai fais un reve

j'ai fais un reve
J'ai fais un rêve...

Martin Luther King

Discours prononcé par Martin Luther King, Jr, sur les marches du Lincoln Memorial, Washington D.C., le 28 août 1963.


Il y a cent ans, un grand américain, qui jette sur nous aujourd'hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d'Emancipation. Cet arrêté d'une importance capitale venait porter lumière, comme un phare d'espoir, aux millions d'esclaves Noirs marqués par les flammes d'une injustice foudroyante, et annonçait l'aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité.

Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchaînée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un îlot de pauvreté au milieu d'un vaste océan de prospérité matérielle. Un siècle plus tard, les Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons ici aujourd'hui pour dramatiser notre condition effroyable.

Nous venons à la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d'un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d'Indépendance, ils signèrent un billet à l'ordre de chaque américain. C'était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable a la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.

Il est aujourd'hui évident que l'Amérique a manqué a cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l'Amérique a passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué "sans provisions". Mais nous ne saurons croire que la banque de la Justice a fait faillite. Nous ne saurons croire qu'il n'y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d'opportunité nationaux. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également à cet endroit sacré pour rappeler à l'Amérique l'urgence absolue du moment. Ce n'est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d'ouvrir les portes de l'opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l'injustice raciale jusqu'au rocher solide de la fraternité.

Que la nation ne tienne pas compte de l'urgence du moment, qu'elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu'à l'arrivée d'une automne vivifiante qui amènera liberté et égalité. L'année 1963 n'est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s'exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n'était. L'Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquillité tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droit civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu'au jour où la lumière de la justice arrivera.

Mais il y a quelquechose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif.

Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l'âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence ici aujourd'hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls.

Et quand nous marchons, nous devons jurer d'aller toujours de l'avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, "Quand serez-vous satisfaits ?" Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d'un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu'un Noir du Mississippi n'a pas le droit de voter et qu'un Noir à New York ne voit rien pour lequel il peut voter. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchaînera comme les eaux, et que la rectitude sera comme un fleuve puissant.

Je ne suis pas sans savoir que certains d'entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d'entre vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d'entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les vétérans de la souffrance créative. Persévérez dans l'assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption.

Retournez au Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d'une manière ou d'une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée de la désespoir.

Je vous dis aujourd'hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j'ai quand même fais un rêve. C'est un rêve profondément enracinée dans le rêve américain.

J'ai fait un rève, qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance : "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux."

J'ai fait un rève, qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J'ai fait un rève, qu'un jour même l'état de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

J'ai fait un rève, que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère. J'ai fait un rêve aujourd'hui

J'ai fait un rève, qu'un jour l'état de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noires pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.

J'ai fait un rêve aujourd'hui.

J'ai fait un rêve, qu'un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivelée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.

Ceci est notre espoir. C'est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu'un jour nous serons libres.

Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, "Mon pays, c'est de toi, douce patrie de la liberté, c'est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pèlerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse."

Et si l'Amérique veut être une grande nation, ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes de l'état de New York. Que la liberté retentisse des hautes Alleghenies de la Pennsylvanie!

Que la liberté retentisse des Rocheuses enneigées du Colorado !

Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie!

Mais pas que ça, que la liberté retentisse des Stone Mountains de la Georgie!

Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee!

Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupinière du Mississippi!

Que la liberté retentisse!

Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, "Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres!"
# Posté le mardi 07 février 2006 14:19

Nellson Mandela

Nellson Mandela
Fils d'un chef Thembu, Mandela est né en 1918 dans la province sud-africaine de l'Umtata. Il étudie à Fort Hare, d'où il est renvoyé pour avoir participé à une manifestation d'étudiants, et à l'université de Witwatersrand, où il obtient un diplôme en droit en 1942.
En 1944, Mandela adhère au Congrès national africain (ANC). Lorsque le «Parti national» arrive au pouvoir, en 1948, et introduit l'apartheid, Mandela et l'ANC résistent à la politique raciste du gouvernement.
En 1956, Mandela est arrêté et jugé pour trahison, mais il sera acquitté en 1961
Après le massacre de Sharpeville en 1960, l'ANC et le Congrès panafricain sont interdits.

Mandela abandonne alors la stratégie non-violente de l'ANC et fonde une organisation militaire, Umkhonto we Sizwe.
En 1962, il est condamné à cinq ans de travaux forcés et, en 1963, il est inculpé avec d'autres leaders, de sabotage, trahison et complot. Pour ces faits, il est condamné en 1964, avec sept autres militants, à la prison à vie.
En 1990, après 26 ans de prison de détention pour raisons politiques (ce qui est un record), le président F.W. de Klerk supprime l'interdiction de l'ANC et libère Mandela, qui est élu président de l'ANC en 1991.
Les deux hommes conduisent alors les négociations qui mettent fin à l'apartheid, ce qui leur vaudra de recevoir le prix Nobel de la paix en 1993.
Un an plus tard, à l'occasion des premières élections libres de l'histoire de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela est élu président de «la nation de l'arc en ciel», siège qu'il occupera de 1994 à 1999.

Le massacre de Sharpeville

Le 21 mars 1960, la police sud-africaine ouvre le feu sur une foule de manifestants : 69 personnes sont tuées et il y a plus de 180 blessés. C'est un moment charnière de l'histoire du pays, cette tuerie insensée déclenche une vague de protestations tant au niveau national qu'international.

Congrès panafricain

Parti politique d'Afrique du Sud fondé en 1959 en réaction à l'action multiraciale de l'ANC et aux liens que celle-ci entretenait avec les communistes et les soviétiques. Interdit en 1969, c'est de la Zambie, pays frontalier de l'Afrique du Sud, que les leaders exilés organisent leur opposition au régime de l'apartheid.
# Posté le mardi 07 février 2006 15:40

extraits du discours de Nelson

extraits du discours de Nelson
VOICI des extraits du discours prononcé par le président Nelson Mandela, quelques instants après avoir prêté serment :

« Aujourd'hui, nous conférons tous, par notre présence ici et par nos célébrations dans d'autres régions de notre pays et du monde, gloire et espoir à la liberté nouvellement née. De notre expérience d'un désastre humain extraordinaire qui a duré bien trop longtemps doit naître une société dont toute l'humanité sera fière. Nos actions quotidiennes de citoyens ordinaires doivent aboutir à une réalité sud-africaine qui renforcera la foi de l'humanité en la justice, sa confiance dans la noblesse de l'âme humaine et remplira tous nos espoirs en une vie glorieuse pour tous. Tout cela, nous le devons à la fois à nous-mêmes et aux peuples du monde qui sont si bien représentés ici aujourd'hui.

« A mes compatriotes, je n'hésite pas à dire que chacun de nous est intimement attaché au sol de ce beau pays, comme le sont les célèbres jacarandas de Pretoria et les mimosas de la brousse (...). Cette union spirituelle et physique que nous partageons tous avec cette patrie commune explique la profondeur de la douleur que nous éprouvions tous dans nos coeurs, lorsque nous avons vu notre pays se déchirer dans un conflit terrible et être traité avec mépris, mis hors la loi et isolé par les peuples du monde, précisément parce qu'il était devenu la base universelle de l'idéologie et de la pratique pernicieuses du racisme et de l'oppression raciale.

« Nous, le peuple d'Afrique du Sud, nous nous sentons comblés que l'humanité nous ait repris dans son giron, que, hors la loi il n'y a encore pas si longtemps, nous ayons aujourd'hui le rare privilège d'être les hôtes des nations du monde sur notre propre sol. Nous remercions tous nos distingués invités d'être venus prendre possession avec le peuple de notre pays de ce qui est, après tout, une victoire commune de la justice, de la paix et de la dignité humaine. Nous sommes confiants que vous continuerez à vous tenir à nos côtés lorsque nous relèverons les défis de l'édification de la paix, de la prospérité, de l'égalité des sexes et des races et de la démocratie (...).

« Le temps de guérir les blessures est venu. Le temps est venu de combler les abîmes qui nous ont divisés. Le temps de construire est devant nous. Nous sommes parvenus, enfin, à notre émancipation politique. Nous nous engageons à libérer tous nos compatriotes des liens persistants de la pauvreté, des privations, des souffrances, des discriminations sexuelles et autres (...). Maintenant, nous entamons la phase d'édification d'une société dans laquelle tous les Sud-Africains, Noirs comme Blancs, pourront marcher la tête haute, sans éprouver aucune crainte dans leur coeur, assurés de leurs droits inaliénables à la dignité humaine - une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et le reste du monde.

« Symbole de son engagement envers le renouveau de notre pays, le nouveau gouvernement intérimaire d'union nationale va se pencher de toute urgence sur la question de l'amnistie des diverses catégories de nos compatriotes qui purgent actuellement des peines de prison (...).

« Nous savons aussi qu'il n'y a pas de voie facile vers la liberté. Nous savons bien qu'aucun d'entre nous peut seul aboutir au succès. Nous devons dès lors oeuvrer ensemble comme un peuple uni à la réconciliation nationale, la construction de la nation, à la naissance d'un nouveau monde. Qu'il y ait la justice pour tous ! Qu'il y ait la paix pour tous ! Qu'il y ait du travail, du pain, de l'eau et du sel pour tous !

« Que jamais, jamais, jamais plus cette belle terre connaisse de nouveau l'expérience de l'oppression de l'un par l'autre et souffre de l'indignité d'être le paria du monde. Que règne la liberté. Le soleil ne se couchera jamais sur une réalisation humaine aussi glorieuse. Que Dieu bénisse l'Afrique. »
# Posté le mardi 07 février 2006 15:50
Modifié le mardi 07 février 2006 16:04

Rosa Parks, Un symbole pour la justice dans le monde

Rosa Parks, Un symbole pour la justice dans le monde
Elle aurait pu être un personnage de roman. Elle aurait pu être aussi un personnage de film. Le grand rôle qu’elle a eu dans la vie réelle, un soir à Montgomery dans l’Alabama, s’est transformé en un rôle historique qui a été porté à l’écran sous le titre The Rosa Parks Story, (l’histoire de Rosa Parks). Le film qui lui a rendu honneur a été tourné en 2002, avec l’actrice noire américaine, Angela Bassett. En interprétant le rôle de Rosa Parks, Angela Bassett a reçu l’Emmy Award, une récompense méritée pour sa magistrale interprétation du personnage de Rosa Parks, dont l’histoire a été à la fois simple et extraordinaire. En effet, Rosa Parks, dont on a vu les images sur toutes les télévisions du monde ces dernières semaines, est décédée à Atlanta, et l’Amérique entière lui a rendu le plus grand hommage qui soit. Sa dépouille mortelle a été même transférée d’Atlanta à Washington où son corps a été exposé dimanche 30 et lundi 31 octobre à la Rotonde du Capitol, au Congrès, bâtiment qui abrite le Parlement américain. Elle est la première femme noire américaine à recevoir cet honneur national, réservé principalement aux Présidents des Etats-Unis. C’est certainement un signe fort, un symbole d’une grande importance pour les Afro-Américains. En rendant hommage à Rosa Parks, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a affirmé la semaine dernière que c’est grâce au courage de Rosa Parks qu’elle peut occuper aujourd’hui un poste aussi important que celui qu’elle détient dans le gouvernement américain, ce qui démontre si besoin était, l’importance de Rosa Parks, de cette femme du fin fond de l’Alabama dans l’inconscient des Noirs américains. Rosa Parks a été à l’origine d’un des plus grands mouvements de révolte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Le soir d’un certain 1er décembre de l’année 1955, en rentrant chez elle après une longue journée de travail, une journée où elle était particulièrement fatiguée, la couturière Rosa Parks s’est assise à l’avant du bus, la partie réservée aux Blancs américains. A l’époque, les bus étaient divisés en deux parties, l’avant pour les Blancs avec des places assises, et l’arrière pour les Noirs avec moins de sièges. Dans les années 1950, après avoir pris leurs billets auprès du chauffeur, les Noirs devaient redescendre du bus pour monter à l’arrière. Le chauffeur du bus où était assisse Rosa Parks lui a donné l’ordre de se lever et de céder sa place à un Blanc américain qui venait de monter, et donc d’aller à l’arrière du bus. Rosa Parks a refusé d’obéir, elle a refusé de se lever et de céder sa place, d’abord parce qu’elle était épuisée mais aussi par défi. Furieux, le chauffeur appelle un policier qui procède à l’arrestation de Rosa Parks qui ne voulait pas se plier aux lois raciales. Cette dernière se retrouve au commissariat, menottée, humiliée et emprisonnée. A cet instant-là, elle ne savait pas qu’elle allait révolutionner l’Amérique, chauffer les esprits et activer le cours de l’histoire des Noirs américains. Dans un de ses ouvrages Quiet Strength (Force tranquille), publié en 1994, elle révèle qu’elle avait agi ainsi parce qu’elle avait pensé ce jour-là à sa mère et à ses grands-parents, à leur force de résistance et à l’humiliation, et ce jour-là, elle avoue que la possibilité lui avait été donnée de faire ce qu’elle exigeait des autres, c’est-à-dire refuser de toujours obéir aux Blancs. Elle écrit : « Le traitement que les Blancs nous réservait n’était pas juste, et j’en avais assez de tout cela. » Ce sentiment a fait que le nom de Rosa Parks est à jamais lié à celui de Martin Luther King, et si ce dernier est devenu « Martin Luther King », le symbole fort de la lutte des Noirs pour l’égalité raciale, pour l’équité entre Blancs et Noirs aux Etats-Unis, c’est grâce à Rosa Parks. Comme elle a été condamnée à payer une amende pour violation des lois de l’Etat de l’Alabama, un vaste mouvement de soutien s’en est suivi, un véritable mouvement de solidarité pour cette couturière, devenue à son insu héroïne, et tout le peuple noir s’est enclenché. Elle ne voulait que défendre ses droits civiques. Un jeune pasteur de la rue Dexter à Montgomery prend la tête du mouvement de protestation et décide un boycott général des bus dans l’Alabama qui a duré 381 jours. Le mot d’ordre a été appliqué à la lettre par la population noire. La compagnie des Bus de Montgomery a perdu beaucoup d’argent et la presse nationale et internationale a pris le relais de cette affaire pour dénoncer les mesures racistes par la voix infatigable de Martin Luther King. Rosa Parks, Martin Luther King et tous les Noirs américains ont réussi à ce que la Cour fédérale condamne les règles ségrégationnistes en vigueur dans les bus le 4 juin 1956 et le 13 novembre de la même année, la Cour suprême des Etats-Unis déclare la ségrégation raciale dans les bus « inconstitutionnelle ». La petite couturière, fille d’esclaves noirs, celle qui dans son enfance a toujours eu peur du Ku Klux Klan, celle qui ne comprenait pas pourquoi il fallait baisser la tête parce qu’elle était noire, a réussi à changer la loi américaine en faveur de son peuple. Suite à ces évènements qui ont secoué l’Amérique et qui ont abouti à la fin d’une ère, Rosa Parks a été menacée de mort par la frange ultra raciste de Montgomery. Avec son mari elle se réfugie alors à Détroit où elle a vécu jusqu’à la fin de ses jours. Elle a travaillé durant près de vingt ans auprès de John Conyers, un député Afro-Américain, en s’occupant particulièrement des sans-abri et des SDF. A l’annonce de son décès, le député Conyers a déclaré : « Il y a très peu de gens qui peuvent dire que leurs actions et leurs attitudes ont changé la nation, Rosa Parks fait parti des individus qui ont changé ce pays. » Ensuite, elle a créé l’Association Rosa et Raymond Parks, qui s’est occupée du développement social auprès des jeunes sans avenir. Rosa Parks a dédié toute sa vie à aider les autres, à faire progresser la situation des Afro- Américains. A la tête de cette association, elle a organisé justement des voyages en bus pour faire découvrir l’Amérique aux jeunes des quartiers défavorisés, le Rosa Parks Bus. Cette grande dame au grand cœur a reçu de nombreux témoignages de respect, de nombreux prix et médailles. En 1999, le Président Clinton lui a décerné la Médaille du Congrès, qui est la plus haute distinction aux Etats-Unis. Il y a quelque temps un journaliste lui demandait si au soir de sa vie elle était heureuse. Elle a répondu avec un sourire : « Je fais ce que je peux pour voir la vie du côté positif, toujours. Je veux toujours être optimiste et pleine d’espoir, et je regarde toujours vers des jours meilleurs, mais je ne pense pas que le bonheur total existe. Je suis toujours attristée de voir que le racisme existe, que le mal est ancré. Si on pense qu’être heureux, c’est tout avoir, posséder tout ce dont on a besoin et avoir tout ce que l’on souhaite, et donc ne plus souhaiter autre chose, alors je peux vous dire que je n’ai toujours pas atteint ce stade-là. » Voilà ce que l’on appelle une femme de combat, une femme qui jusqu’à l’âge de 92 ans a lutté pour la justice sociale. Jusqu’au dernier souffle, elle a lutté contre la plus grande des bêtises humaines : le racisme. Le 1er décembre prochain, les enfants de l’association Rosa Parks, des milliers d’enfants de Montgomery, marcheront de l’endroit où Rosa Parks a été arrêtée, il y a cinquante ans, jusqu’au Capitole pour lui rendre un dernier hommage. Ce sera la « Marche des enfants de Montgomery », en l’honneur de celle qui un certain 1er décembre 1955 a été tout simplement « têtue ».
# Posté le mardi 07 février 2006 16:07